Cela fait longtemps que je voulais retracer mes dernières lectures (maintenant que je peux lire ce que je
veux, quand je veux, avec une totale liberté !). Comme ça, si vous avez envie de partager les vôtres ou piquer des idées pour lire, l'idée est lancée ^^ J'essayerais régulièrement d'en poster sur
le blog.
Les Horizons perdus de James Hilton
C'est un livre que j'ai particulièrement aimé. Je l'ai commencé le jour de ma Soutenance à Paris car cette
histoire me démangeait (le mythe de Shangri-La a été réutilisé dans de récents dessins animés japonais).
L'accroche est très simple : quatre rescapés d'un crash aérien (dans les années d'entre deux guerres) sont
recueillis dans une lamaserie appelée Shangri-La où les moines semblent bénéficier d'une culture et d'une supposée jeunesse troublante.
Le roman n'est pas très long et le style très anglais se lit avec plaisir. Ce n'est pas un roman d'action mais
plus d'ambiance et de réflexion. Le contexte du départ (la fuite d'un Moyen-Orient en guerre) n'est pas sans rappeler un contexte moderne et certaines prévisions, pour un livre écrit si tôt, sont
incroyablement futuristes.
Un vrai coup de coeur que je relirais sûrement un jour.
Survivant de Chuck Palahniuk
L'auteur a aussi écrit le mythique Fight Club qui reste l'un des meilleurs films
que j'ai vu à Chambéry. Du coup, j'attendais beaucoup en terme de subversivité, de culot et de réflexion.
Et bien c'est complètement raté. L'accroche : le seul survivant d'une secte suicidaire tente de survivre comme
on le lui a appris, en servant et en obéissant aux règles strictes d'une vie austère, dans un monde où les limites morales de la société volent en éclat.
Le principal intérêt du livre c'est que les numéros de pages sont écrits à l'envers (la dernière page était la
page 0), comme un compte-à-rebours. Car dès le premier chapitre, le héros annonce qu'il a pris un avion en otage dont il est le seul occupant, et qu'il va s'écraser.
Passé cette ouverture géniale, le reste est très lent, très répétitif, pleins de listes de détails qui
finissent par noyer tout le propos. Même si on retrouve des thèmes qui ont marché dans Fight Club, ici rien n'est convainquant. L'auteur
en fait trop, préférant son petit délire personnel à la qualité de son livre.
Donc, à ne pas lire pour éviter les migraines.
La Part du feu et Fracas d'écume de Françoise
Ascal
C'est une auteur qui a animé un atelier d'écriture à la maison de quartier de St-Serge où, une fois tous les 3
mois un auteur est invité. J'y suis allé et je voulais connaître un peu son oeuvre avant.
Il s'agit de poésie, assez personnelle et emphasique.
Le premier recueil ne m'a pas plu, parlant de l'expérience de l'auteur en hôpital pour enfant, où elle parle de
douleur, qu'elle soit la sienne ou celle des patients. C'est un journal qui ne donne pas grand chose d'autre que des impressions écrites avec des phrases alambiquées. Pas très intéressant ou
concluant.
En revanche, le second se construit comme une histoire, très rapide puisque écrite en poésie, mais qui garde
quelques moments touchants. Je ne me souviens plus de l'histoire, mais j'en garde quelques coup de coeur.
Battle Royale de Koushun Takami
Il s'agit du livre à l'origine du film et du manga. J'avais adoré le film, mythique lui aussi, à la même
période que Fight Club. Extrêmement subversif, l'accroche est aussi simple que cruelle : chaque année, dans chaque région de l'empire d'Extrême Orient (un régime fasciste,
anciennement le Japon) une classe est choisie pour participer à une battle royale. Sur une île désertée, les règles sont simples : les élèves doivent s'entre-tuer. Il ne doit rester qu'un seul
survivant pour qu'il puisse être déclaré vainqueur.
Le film était violent, mais beaucoup moins que les films "modernes" et sans faire étalage d'horreur. Le but
étant vraiment de faire réfléchir le spectateur. Le livre est à son image, encore plus poussé dans les détails et la psychologie de chaque personnage (et il y en a beaucoup !).
Une véritable oeuvre marquante, aussi réfléchie que poussant à la réflexion.
Le Sang des lions de Loic Le Borgne
Je savais que l'auteur se présenterait en bibliothèque, à l'occasion du prix littéraire ado
d'Angers.
J'ai donc lu son livre en moins de deux jours.
L'accroche : Dans un futur proche, l'Afrique s'est enrichie et a su prévoir les catastrophes climatiques qui
ont ravagé l'Europe. L'exode pour survivre s'est inversé et les blancs se font refouler au nord de la Méditérannée, rêvant du paradis africain. Là-bas règnent les "Magic Eden" de grands espaces
de safari sans danger où les animaux, même les plus carnivores, sont réduits à un état végétatif. L'histoire retrace l'envers du décor, où les sans-papiers blancs prisonniers sont utilisés comme
main d'oeuvre et où la nature tente de reprendre ses droits.
Offrant deux réflexions futuristes, l'une sur le changement climatique, l'autre sur une Afrique vainement
apprivoisée, le livre est bien écrit, très touchant. Même si l'histoire s'adresse d'abord aux ados (15-20 ans d'après le directeur de collection), je me suis complètement retrouvé dedans. Et
l'auteur, que j'ai donc pu rencontrer, mérite d'être encouragé pour une telle trouvaille.
A conseiller, surtout pour les grands enfants.
La Porte des mondes de Robert Silverberg
En parallèle du marathon DesLyres qui avait pour thème "Uchronie", on m'avait conseillé ce livre.
L'accroche était prometteuse : avant les conquêtes coloniales, la peste noire a ravagé plus des 3/4 de
l'Europe. Historiquement parlant, les européens n'ont pas pu envahir l'Amérique du Sud et l'Afrique qui se sont développées et sont devenus de grandes puissances mondiales. L'histoire retrace les
vagabondages d'un anglais maladroit aux pays des Aztèques et des Indiens, dans un monde où il recherche gloire et fortune.
Si l'idée de départ est richissime, le style est très vieillot, faisant penser aux contes philosophiques
tel Candide de Voltaire, mêlant l'action à l'absurde. Cela devient très éprouvant à suivre, d'autant que le voyage n'a pas de réel but et que le héros ne fait que
subir les aléas de son chemin. A mon sens, c'est un scénario trop "facile" où l'auteur ne s'intéresse pas aux vrais détails qui auraient donner du sens à un monde pourtant prometteur. On a peu de
chose à se mettre sous la dent.
Je ne le conseillerais donc pas, l'histoire n'ayant pas d'intérêt, mais l'idée de départ m'a fait beaucoup
réfléchir (ne serait-ce que pour la nouvelle écrite pour le Marathon DesLyres).
Seul dans la solitude de Keats
De la poésie anglaise, XIXè siècle. J'ai essayé de retrouver la fibre que j'adore dans cette poésie de langue
différente et que j'avais découverte au lycée dans les chansons de Leonard Cohen.
C'est joli, mais pas très communicatif. Trop contemplatif. Pourtant, on retrouve quelques élans poétiques et
autres odes à la nature qui se sont retrouvés dans l'épopée du héros de Into the
Wild. C'est le principal intérêt.
Mais la poésie ne se lit que si elle vous empoigne, si elle entre en écho avec vous. Du coup, ça ne se
conseille pas, c'est à chacun de trouver ce qui lui plaît (si ça lui plaît).
Commentaires Récents