Lundi 9 novembre 2009
Bon, comme j'ai trouvé une excellente métaphore ce soir, je vais pouvoir un peu éclairer le brouillard qui a engorgé la route qui se dressait devant moi. (ça fait deux "qui" en une phrase, pas bien...)

En gros, mon Mémoire a été refusé. Entièrement. Motif, j'ai fait un rapport de stage, comme il était demandé. Alors que j'aurais dû faire une problématique universitaire, comme il était demandé. Paradoxale, hein ? En fait j'ai beaucoup trop axé mon travail sur l'expérience que j'avais acquis de mon stage, et pas assez développé une réflexion stérile universitaire. Du coup, toute la partie sur mon stage devait être réduite à une simple évocation, et la conclusion un peu universitaire devait être développée sur la totalité du Mémoire. Un mois pour faire tout ça. Sans compter les recherches pour combler tous les trous qui apparaissaient par-ci, par-là. Et pas le temps de se plaindre (c'est dans ces moments-là qu'une Pitchoune c'est salvateur, ça remonte le moral à bloc et ça donne un vrai but à atteindre.)

Pour développer la super métaphore que j'ai trouvée ce soir, c'est un peu comme si on m'avait donné comme sujet "un voyage" et que j'avais créé une tente hyper pratique avec bouffe, piquets high-tech, parfums anti-moustiques, piles de rechanges, doudoune douillette et bien chaude... bref, l'idéal pour partir en voyage. Et là, mon maître de Mémoire m'annonce : "Ah bin en fait il fallait faire un catamaran, pour faire un voyage sur l'eau." Et du coup, moi et ma tente j'ai un peu eu l'air con... Une toile de tente, pour prendre la mer, c'est pas l'idéal... ça flotte pas.

Du coup, en un mois il a fallu transformer la toile de tente en coque de bateau, les piquets en rame, la bouffe en appât à poisson... Résultat des travaux ? Il me reste deux jours pour parfaire un espèce de bateau qui prend l'eau, qui ne sera pas très joli à voir mais qui aura la première faculté demandée : ça flottera. On verra bien ce qu'en penseront les membres du jury, qui, je viens de m'en rendre compte, sont probablement les deux plus exigeants de la formation... Ha ha ha, la bonne blague... Surtout que la peinture sur le bateau ça comptait vachement, et que de la peinture sur de la toile, ça prend vite l'eau... Hé hé, je rigole mais c'est nerveux.

Bref, ça va le faire, je serais dans les temps pour passer, je vais rendre un truc qui ne vaudra pas de l'or mais qui ne se fera pas (trop) flinguer, alors que si j'étais passé en l'état avec ce que j'avais fait en septembre, je serais pas loin de la noyade, des poids aux pieds et un poulpe dans la gorge.

Et après, enfin ! je pourrais tenter d'y voir plus clair sur cette route vers l'avenir qui décidément ne prend pas le temps de m'attendre. En même temps, une route, ça attend jamais, ça a pas de pied. 
Par Florent Gaillard - Publié dans : Exil
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Mardi 6 octobre 2009
Juste le temps de battre des cils,
Un souffle, un éclat bleu,

Un instant, qui dit mieux
L'équilibre est fragile

J'ai tout vu
Je n'ai rien retenu

Septembre, en attendant, Noir Désir

Première version du Mémoire : bouclé.
Maintenant j'attends d'être à la merci du prof qui s'occupe de mon projet. Evidemment, à sa grande surprise, j'ai tout fait tout seul, sans son avis qui m'a pourtant bien manqué. Il va donc sûrement falloir que je reprenne d'un bout à l'autre tout mon travail, changer tellement de choses que ma satisfaction va s'envoler. Pourtant, je suis bien plus satisfait de ce que j'ai pu faire que du Mémoire de l'année dernière.
Mon stage aux Mille Saisons était très riche en expérience et j'ai réussi à en rendre compte exactement de la façon dont je le voulais. "Ça, c'est fait" aimerais-je dire. Bon, j'ai encore un bon bout de temps devant moi pour parfaire le Mémoire en vue de la Soutenance. Et en même temps de prospecter à un emploi précaire pour cette année ^^ Dernière ligne droite !
En attendant, ce mois de septembre a été aussi peu productif que prévu côté écriture :
Zombi, épisode 26 : 17 000 signes.
Contrôle (spin-off des Techs) : + 29 000 signes.
Mais j'espère bien qu'octobre sera plus fructueux ! Au programme, trouver un boulot le temps que ma charmante fiancée termine sa licence 3, écrire, réécrire Arcanes, passer ma Soutenance sans trop de dégâts, aller au cinéma pour vider le stress de la fin de mes études...
... et laisser le temps au temps.

Bon, vivement que j'ai un peu de temps pour m'occuper de ce blog. Les notes qui s'enchaînent (avec une irrégularité et une flegme notoire) sont beaucoup trop contemplatives (à la limite du mélancolique).

Biz' à tous !
Pour la Toussaint, on fait un rapide séjour en Haute-Savoie. Avis aux thononais !
Par Florent Gaillard - Publié dans : Exil
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Mercredi 26 août 2009
Ah, oui. Y a plus grande chose par ici, hein... Bon, bon, bon. Comme chaque note, je ne suis pas mort, je subis juste les changements parisiens : humeur maussade, l'impression d'être enfermé, de ne plus avoir de volonté... C'est terne, gris... Du coup, pleins de petites questions à la con reviennent me hanter tous les matins, quand ma dulcinée se dérobe courageusement à la nuit pour aller travailler à Pétaouchnok.

Travailler sur un Mémoire qui n'en fini pas (comme tout Mémoire) et perdre sa motivation alors que justement je suis plus proche que jamais de la fin... Du coup, culpabiliser quand on s'accorde un moment de souffle, qu'on veut aller au ciné, qu'on veut faire "autre chose que ce fichu Mémoire qui n'avance plus". J'ai l'impression de retomber dans la laborieuse mélasse de l'année dernière alors que tout partait si bien...

Du coup, j'ai pas osé trouver du temps pour écrire et j'en suis resté à mon quota de départ pour Arcanes
Premier chapitre, 17 000 caractères /50 000  (4 pages /12)

Bon, j'ai aussi deux autres "envies du moment" qui commence à germer, et où j'ai essayé d'écrire.
Contrôle (une nouvelle qui fait office de spin-off à Techs, un roman inédit d'une amie que vous pouvez lire sur son blog http://ecriveuse.canalblog.com/)
19 000 caractères (5 pages)

Sans-titre (une nouvelle pour participer à l'Appel à Texte "Le Butin d'Odin" des éditions d'Argemios)
4 000 caractères (1 page)

Et j'ai aussi eu un flash pour donner un prologue à mon "African Project", une espèce de grand roman en plusieurs parties aux styles trèèèèès différents, avec un personnages récurent. Pour l'instant, mes idées donnent : Prologue africain / Partie 1 française "sentimentale" / Partie 2 africaine "politique" / Partie 3 américaine "action" / Epilogue sud-américain. Je vous dis tout ça, mais ça ne verra probablement jamais le jour...
prologue, 9 000 caractères (3 pages)

Bref, à peine un douzaine de page en un été (en comptant la ré-écriture d'
Arcanes !). Et je ne sais pas quoi faire pour retrouver du temps et l'envie d'aller plus loin, de prouver au monde que je suis capable de venir à bout d'un projet. Si y avait pas ce fichu Mémoire... y aurait autre chose ?

Mais en même temps, je reste confiant. Je vais bien finir par les écrire ces pages qui manquent à mon travail ! Et en septembre, on revient en terre angevine, respirer un air bien plus frais, "la très humide douceur angevine", essayer de trouver un boulot potable pour assurer un avenir un peu gris, mais pas dénué d'espoir ! Allez, on y croit ! ! ! 
Par Florent Gaillard - Publié dans : Exil
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Vendredi 26 juin 2009
Il arrive fatalement dans un blog qu'un article comme celui-ci apparaisse. Les causes en sont multiples, mais la principale reste "l'inactivité" du propriétaire, vaincu par l'engrenage de la vie 1.0, dans son trop plein de travail et de fatigue. S'ajoute à cela une certaine remise en cause "mais il sert à quoi en fait ce blog", ou "les gens viennent au moins", suivit de quelques "ah oui, si je poste rien, personne ne vient..."

Arrive donc ce moment, fatidique, où le propriétaire émerge de sa torpeur pour crier un "je suis vivant" aux quelques fantômes de passage, espérant récolter quelques commentaires et autres kikoo-lol. Pour minimiser un peu ce tableau, on peut essayer de faire un peu de dépoussiérage, voir ce qu'il y a garder, à changer. Les non-fans de la réanimation abandonnent leurs créations et vont semer ailleurs des germes virtuels tout aussi éphémères.
 
Hem. Vous me direz "oula, c'est bien mélancolique tout ça". Que voulez-vous, c'est l'été ! Je viens de terminer mon stage en édition, avec son lot de remises en question, d'éreintement et d'apprentissage, et de question "je fais quoi en septembre..."
 
Les projets fusent mais rien ne vient consolider un avenir bien compromis par le manque d'ouverture dans le milieu, la crise-qui-fait-peur-n'a-tout-le-monde, la perspective de ne pas pouvoir rester à Angers...
 
S'ajoute à ça un retour prochain en terre natale, avec un voyage morcelé dans tous les coins de la Savoie et de la Haute-Savoie pour revoir le maximum de monde en si peu de temps... Et la nostalgie revient en masse comme une balayette de n'importe quel art martial asiatique : sans prévenir, la tête au sol.
On essaye de construire, de consolider ou de sauver les mines du passé, mais avec la chaleur harassante tout semble bien vain.
 
Le ton est dramatique, mais le coeur y est quand même, hein ^^ Cet été, mission "Mémoire écrit en deux mois" sur Paris. Et si possible, tenter de faire remonter à la surface quelques projets d'écriture sans lesquels il est bien dur de faire face au reste. Allez, un coup de motiv' et j'essaye de dépoussiérer Arcanes pour le présenter en septembre à des maisons d'édition. La tâche est rude : une vingtaine de chapitres, divisés en deux livres, avec une quinzaine de pages très denses à chaque fois, tout à re-corriger, réécrire avec un "style" plus mature, à faire gaffe à tous les détails contradictoires... Un boulot de titan dans ce que je ne supporte pas faire : re-travailler quelque chose de déjà fini.

Ajouté à ça de nouvelles idées oh-combien séduisantes en cours d'écriture et qui ne demande qu'un peu de temps, maintenant que j'en possède un tant soit peu, et le mélange fait ressortir tous les doutes et les craintes du pauvre écrivaillon sans reconnaissance.
 
Halala, heureusement que le blog est là pour s'épancher un peu et repartir du bon pied. Et surtout, heureusement que ma chère-et-tendre, pour qui ce blog s'est transformé en recueil de poèmes ces derniers temps, est toujours là à mes côtés ^^ 2 ans à supporter mes jérémiades, ma paranoïa, mes doutes, mes flippes, mes craintes, ma fatigue fatigante...
 
Raaaa, j'ai envie de vous retrouver tous et de vous serrer dans mes bras ! Chambéry, Lyon, Annecy, Angers, Paris... ! Vous me manquez tous ! 
Par Florent Gaillard - Publié dans : Exil
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Vendredi 22 mai 2009


Ma princesse aux yeux tristes s'ennuie

Ses iris d'émeraude brillent comme un vitrail

Les peurs et les soupirs la tenaillent

Quand les kilomètres nous séparent la nuit



Le vide que je laisse me hante


A chaque départ mes larmes saignent

Les remords et les chagrins s'y baignent

Et me poursuivent jusqu'à l'épouvante



Ma princesse qui seule peut me sauver


De mes absurdes quêtes

De ces démons qui s'entêtent



Ma princesse que je voudrais serrer


Dans mes bras tremblant de joie

Dans mes bras qui n'attendent que toi



12/05/09

Par Florent Gaillard - Publié dans : Poèmes
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Jeudi 21 mai 2009
Ma Princesse au réveil veut déjà s'endormir

En liant mes bras autour de son cou
 
Alors je reste moi aussi et me mets à sourire
 

Gardant son parfum contre ma joue




Sur mes pas une pluie tiède vient à tomber
 
Sur ces jours et ces rêves que l’on sème
 

Sur ces kilomètres qui veulent nous séparer




Sa voix murmure encore à mon oreille
 
Qu'elle m'aime et la mienne fait de même
 
Nos yeux se croisent en regardant le ciel

 


Ma Princesse au réveil veut déjà s'endormir
 
Espérant mes bras autour de son cou
 
Ce manque moi aussi me laisse un soupir
 

Et l'envie de son parfum me rend fou




12/05/09

 

Par Florent Gaillard - Publié dans : Poèmes
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Dimanche 12 avril 2009
Découvrez le nouveau livre des Mille Saisons (www.millesaisons.fr), sur lequel votre serviteur a eu l'honneur de travailler. Un très bon livre de Fantasy qui mérite le détour ^^ Le premier grand événement de mon stage ! Youhou, sortez le champagne !


"La paix instaurée par Heldérion dans le royaume de Thyrane est menacée par les méfaits des clans, groupements de rebelles prêts à tuer pour chasser l'occupant.

Quand le corps d'une jeune pensionnaire heldérionnoise est retrouvé dans une ruelle de la capitale thyranienne, les Veilleurs ne sont pas les seuls à chercher le vrai coupable malgré les apparences.

Les deux soeurs de la défunte, Aileen et Noony, vont tenter de rétablir la vérité. Car derrière la mort de leur soeur se profile l'invasion de Rouge-Terre, un continent voisin peuplé d'humains capables de vivre en symbiose avec leurs lynxs, dans un conflit que certains veulent déjà meurtrier."
Par Florent Gaillard - Publié dans : Des Films et des livres
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Lundi 2 mars 2009



Le lit est vide et plein de cauchemars
 

Ton absence me piège aux songes éthérés
 

Ne sachant quoi faire pour me réveiller
 

Les abîmes se rêvent une autre histoire

 


Je me noie dans ce besoin de toi
 

Dans ces brumes qui m'envahissent
 

Où tout mon univers lentement se glisse
 

Attendant que la torpeur se meurt dans tes bras

 


Je caresse le souvenir de tes cheveux
 

Serrant contre moi un peu de néant
 

Dans le silence et le froid si lent

 


La nuit s'avance et se gorge de bleu
 

Fuyant pas à pas de l'oreiller
 

Où tu viendras bientôt te réveiller

 


26/02/09

Par Florent Gaillard - Publié dans : Poèmes
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Dimanche 15 février 2009











Petite fée qui vogue de ci de là
 

De fleurs en feuilles
 

Insaisissable brise qui s'en va
 

Et dans un écrin se recueille 

 


Princesse qui s'enrhume de ci de là
 

Au moindre courant d'air
 

Recroquevillée au creux de mes bras
 

Et le nez rougi reste fière

 


Mon ange qui s'envole de ci de là
 

Ton regard plein de gourmandise
 

M’invite à tes lèvres exquises

 


Tournoyante et insaisissable
 

Son altesse céleste intenable
 

S’étire et s’enfuit de ci de là





14/02/09

Par Florent Gaillard - Publié dans : Poèmes
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Mercredi 28 janvier 2009
Je ne sais pas de qui sont l'illustration et le texte, mais comme il me permet de ressusciter un peu le blog, et de peut-être le reprendre en main, voilà quoi. (Et une petite dédicace à ma môman qui m'envoie monts et tempêtes de chaînes et de mails à redonner le sourire, inlassablement et surtout dés qu'elle a un peu de temps. Ah, les adultes et internet...)


 

En ces temps où la Royauté semble hélas montrer son nez, ce pamphlet me paraît plus que jamais approprié !!  Bonne lecture !! 


Un fort joli pamphlet, à faire circuler... 
 
 


Le Président  et le Ministre


 


LE PRESIDENT


Entrez-donc mon ami et venez prendre place, 
Afin de me conter ce qui vous embarrasse. 
La réforme est lancée, elle avance à grands pas, 
Mais je vois bien qu'à tous celle-ci ne plait pas. 
Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche 
Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.


LE MINISTRE


Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point, 
Voyez comme en ces temps je sais rester serein. 
J'ai fait ce qu'il fallait et fait preuve d'audace.


LE PRESIDENT


Allez contez moi donc  je ne tiens plus en place.


LE MINISTRE


J'ai d'abord pour vous plaire modifié les programmes 
Pour faire des élèves des besogneux sans âme. 
Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir 
Et n'auront plus de sens à donner au savoir. 
Voilà qui nous fera des citoyens dociles, 
Qui ne s'attacheront qu'à des choses futiles.


LE PRESIDENT


Fort bien, les programmes sont un bel artifice, 
Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice. 
Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir, 
Promettant des réformes, n'en disant que très peu, 
Pour qu'une fois reçu l'aval des isoloirs, 
Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux. 
Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce, 
Car je veux tout savoir.


LE MINISTRE 
Voilà ce qui se passe :


Je commence par rayer en trois ans les RASED 
Et pour tromper les gens sur le maintien de l'aide 
Je laisse aux enseignants l'entière liberté 
De s'occuper tous seuls de la difficulté. 
Ils auront pour cela comme unique bagage 
La chance de pouvoir faire quelques journées de stage. 
J'ai enlevé deux heures d'école par semaine 
Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent. 
On dit la journée de trop longue durée 
Qu'il faudrait réformer notre calendrier 
Et moi je vous dis qu'il en faut d'avantage 
Et qu'il faut les forcer même jusqu'au gavage.


LE PRESIDENT


C 'est à n'en point douter une idée fort plaisante, 
Le mérite sera la seule valeur payante.


LE MINISTRE


Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier 
Je les envoie le faire à l'université. 
Voyez l'inanité d'une bonne formation 
Nous qui n'avons besoin que d'agents et de pions ! 
Cela vous plait-il ?


LE  PRESIDENT 
Assurément je pense,


Mon humeur est ravie et elle est d'importance 
Car c'est elle qui règle le cours de mes pensées 
Qui font toujours écho à l'actualité. 
Mon caprice me met dans des emportements, 
J'ai des mots qui ne sont plus ceux d'un Président, 
Je flatte ce qu'il faut des instincts les plus bas, 
Parle plus en mon nom qu'en tant que chef d'état, 
Sur toutes mes idées je veux qu'on légifère 
Et ne supporte pas qu'on m'empêche de le faire. 
Des médias je me sers et grâce à mon emprise 
Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises, 
Enfin, si j'utilise les services de la presse 
C'est parce qu'aux yeux de tous il faut  que je paraisse. 
Mais contez-moi encore votre train de mesures.


LE MINISTRE


De l'école en danger j'augmente la fêlure : 
Il existe des classes que l'Europe nous envie 
Accueillant les plus jeunes des enfants du pays. 
Il serait opportun de les faire disparaître 
Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres 
Qui ne font de leur temps que des couches changer 
Et ne connaissent point les joies de la dictée. 
Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses 
Et il n'y aurait plus de maternelles en France ! 
Afin de remplacer les absences des maîtres 
Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître. 
Si celui qui remplace se trouve être plombier, 
La chaudière de l'école il pourra réparer, 
S'il est mécanicien et connait son affaire 
Les voitures des collègues il pourra bien refaire, 
Et si par de la chance il se trouve enseignant 
Il pourra prendre en charge d'une classe les enfants !


LE PRESIDENT


Je reconnais bien là votre astuce admirable 
Et votre esprit retors qui ne se sent coupable ! 
Cette école qui veut faire des citoyens 
Il faut qu'à l'avenir elle n'en fasse rien ! 
Œuvrez donc mon ami, la tâche n'est pas mince 
Car c'est l'éducation qui menace les Princes !!!!

Par Florent Gaillard - Publié dans : Nico et Marianne
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